
Endométriose : prise en charge ostéopathique
Résumé :
L’endométriose est une pathologie qui touche près de 15% des femmes en âge de procréer. Elle engendre non seulement des douleurs intenses mais peut aussi conduire à une infertilité.
Son origine est multifactorielle et son traitement médical.
Il existe dans les médecines intégratives comme l’ostéopathie des solutions pouvant améliorer la qualité de vie des femmes dans le cadre d’une prise en charge multidisciplinaire.
Définition de l’endométriose :
Peu connue du grand public, la maladie touche pourtant 10 à 15 % des femmes en âge de procréer, ce qui représente en France environ deux millions de femmes.
L’endomètre est une muqueuse qui recouvre l’intérieur de l’utérus. Son rôle est de recevoir l’ovule fécondé pour permettre la nidation et ainsi le développement d’une grossesse. Si ce n’est pas le cas, l’endomètre se désagrège et est expulsé. C’est ce qui arrive tous les mois avec l’apparition des règles.
Ainsi, l’endométriose est une pathologie chronique, bénigne de l’endomètre. Elle se caractérise par l’implantation et le développement de cellules endométriales (glande ou stroma endométrial) de façon ectopique. C’est-à-dire que des cellules identiques à celles qui sont dans l’utérus apparaissent dans des endroits où elles ne devraient pas être. Dans le cas de l’endométriose génitale externe, ces cellules prolifèrent principalement dans le péritoine pelvien et sur les ovaires. Concernant l’endométriose génitale interne aussi nommée adénomyose, les foyers sont au cœur du muscle utérin.
Son origine est multifactorielle. Différentes théories expliquent la physiopathogénie de l’endométriose. La plus largement acceptée semble être l’implantation de cellules ectopiques provoquée par un reflux par les trompes, cependant le reflux est présent chez 76% des femmes de manière plus ou moins importante. Il existe également des facteurs favorisants de type : immunitaires, inflammatoires, d’environnement et génétiques
Mécanisme de l’endométriose et signes cliniques :
C’est une maladie au mécanisme complexe. Les souffrances perçues sont le résultat de l’addition de trois éléments : physiologique, corporel et psychique.
Au départ se produit une inflammation locale pendant les règles. Celle-ci s’associe à une irritation des petits nerfs situés autour de la région de l’utérus. Si les douleurs ne sont présentes que pendant les règles le médecin prescrit des anti-inflammatoires et ou un traitement hormonal. En effet en supprimant les règles, la première source de douleur est éliminée.
Cependant, certaines patientes souffrent continuellement avec un pic douloureux au moment des règles. En effet, l’inflammation pendant les règles entraine une irritation des nerfs. Dans ces conditions le médecin peut proposer un traitement avec des antidépresseurs à visée antalgique.
L’irritation continuelle du système nerveux local entraîne une perte de mobilité des tissus mais également des organes. Ce manque de mobilité majore les douleurs perçues. Comme nous l’avons déjà évoqué, pour l’ostéopathe, la mobilité c’est la vie. Cette situation en est la preuve : par l’effet, pas de mobilité = apparition de douleur. Enfin, par un effet d’accumulation, le cerveau n’arrive plus à gérer la douleur, ce qui augmente la perception de la douleur. C’est un cercle vicieux qui s’auto- entretient.
Les signes cliniques de cette pathologie sont toujours les mêmes :
- Des douleurs importantes au moment des règles (dysménorrhées)
- Des règles abondantes (ménorragies),
- Des douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunies),
- Des douleurs pelviennes cycliques avec plus ou moins des sensations de pesanteur
- Des lombalgies récidivantes,
- Des douleurs à la défécation,
- Une infertilité,
- Du sang dans les urines (Hématurie),
- Un syndrome appendiculaire,
- Des diarrhées.
Puis avec le temps et l’évolution de la maladie les douleurs s’étendent jusqu’à la zone abdominale, le système digestif, les lombaires et le bassin.
La prise en charge et Le traitement de l’endométriose :
Tout d’abord, devant une suspicion d’endométriose il faut consulter votre gynécologue. En effet la prise en charge rapide et sérieuse de cette pathologie est essentielle. Tout d’abord, pour réduire les douleurs mais aussi parce qu’une endométriose non prise en charge peut conduire à des risques d’infertilité. 20 à 25% des femmes infertiles présentent des lésions d’endométriose.
Comme nous l’avons évoqué, le traitement médical consiste à prescrire des anti-inflammatoires, une contraception, des antidépresseurs et éventuellement proposer de la chirurgie.
La réduction de la douleur due à l’endométriose est essentielle dans la prise en charge des patientes. Aujourd’hui l’objectif est de trouver des méthodes efficaces, non médicamenteuses, adaptées aux besoins de chacune des patientes. C’est pourquoi beaucoup de praticiens se tournent vers les médecines intégratives comme l’ostéopathie, la mésothérapie ou encore la sophrologie.
L’idée n’est pas de décrier les traitements actuels, mais de proposer un complément, traitant la cause et le symptôme. Ainsi la patiente gagne en qualité de vie.
Action de l’ostéopathie :
La prise en charge ostéopathique a pour objectif de redonner de la mobilité au corps. Pour se faire le praticien possède une boîte à outils avec plusieurs méthodes. La plus utilisée dans le cadre de la prise en charge de l’endométriose est la fascia thérapie. Il s’agit d’une manipulation douce, concentrée sur la région du bassin. Cette technique redonne de la mobilité aux tissus internes. Elle agit ainsi sur le système digestif, vaginal, utérin et même sur les lombaires.
Dans un premier temps, il est primordial de relancer la circulation sanguine et de lever les tensions ligamentaires accumulées dans le corps, les principales régions étant le bassin l’abdomen et la zone lombaire.
De plus, la prise en charge se concentre ensuite sur les organes qui souffrent au niveau abdominal. Le traitement s’effectue principalement par des manipulations douces. Il est parfois nécessaire de mobiliser des organes sensibles à la palpation. L’ostéopathe doit toujours se montrer doux et respectueux vis-à-vis du corps de sa patiente. Il peut arriver que certaines manipulations soient légèrement douloureuses. La communication entre le praticien et la patiente est au cœur du traitement. Il est évident que la douleur restera toujours supportable.
Enfin, L’ostéopathe intervient sur la sphère hormonale et plus particulièrement sur l’axe crânio-sacré. Concrètement il faut une bonne mobilité de toute la colonne. De plus, comme chacun le sait, le système hormonal est géré en partie au niveau du cerveau. C’est pourquoi l’ostéopathe doit travailler sur la région du crâne pour libérer les tensions et pertes de mobilité qui pourraient exister dans cette région.
Une prise en charge ostéopathique de l’endométriose nécessite plusieurs séances. Cela s’explique par tous les points à travailler, points détaillés ci-dessus. Il est évident que le corps ne peut pas recevoir toutes les informations en une seule séance. Le nombre de séances varie en fonction de l’ancienneté de l’endométriose et de l’expression symptomatologique. Il faut compter un minimum de 2 séances. Si la pathologie présente un fort retentissement et/ou est ancienne 2 séances permettront de noter un soulagement, et d’évaluer l’étendue du travail thérapeutique, mais ne seront pas suffisantes.
Quand consulter ?
Pour consulter, nous conseillons une prise en charge par l’ostéopathe est optimale au milieu du cycle. L’imprégnation hormonale en œstrogène est à son sommet. Il faut éviter d’entreprendre un traitement juste après les règles car la collection de sang dans le péritoine est douloureuse et ne permet pas un travail dans de bonnes conditions.
Environnement
Traiter la douleur est la pierre angulaire du mieux-être. Cependant l’enjeu principal est de faire perdurer cet état dans le temps. C’est pourquoi les activités et l’environnement sont essentiels, soit le sport et la nutrition. Piscine, yoga, running, aucune pratique sportive n’est à proscrire. L’essentiel est de trouver l’activité qui convient le mieux à la patiente. N’oublions pas que ce sont des patientes qui ayant mal de façon intense et plus ou moins continue, n’ont, en général, que peu d’activité. C’est également un cercle vicieux le manque d’activité engendre à court terme l’inactivité. L’inactivité majore la perte de mobilité du corps, ce qui favorise les douleurs.
La nutrition est un élément essentiel. Elle ne soigne pas la maladie mais constitue un complément de soins primordial pour atténuer les douleurs et les symptômes.
Sans changer radicalement de régime alimentaire, plus que jamais, il faut manger équilibré, de préférence des produits frais et bio. Les avis des médecins sur un régime alimentaire dit régime anti-inflammatoire divergent. Il est préférable de consommer des oméga-3 et d’éviter les oméga-6, plutôt pro-inflammatoires. En pratique, il faut privilégier les huiles de lin, de noix ou encore de colza. Les poissons gras comme le saumon (bio), les maquereaux ou les harengs sont indispensables pour leur teneur en «bons gras». Les fruits rouges, les légumes verts à feuilles (épinards, choux) ou le chocolat noir sont intéressants pour leur richesse en antioxydants. Les légumineuses (haricots, lentilles, fèves) et les épices ont aussi des vertus anti-inflammatoires.
Attention aux oméga-6 présents dans l’huile de tournesol et les produits riches en maïs. Les gras saturés contenus dans la restauration rapide, les produits raffinés (pâtisserie, biscuiterie, soda), la charcuterie, les produits laitiers riches en matières grasses, laits et fromages sont aussi à proscrire.
En résumé
Objectif de la prise en charge ostéopathique :
– diminuer les douleurs,
– lever les restrictions de mobilités et les adhérences,
– dynamiser la circulation sanguine
-retrouver un cycle hormonal plus physiologique.
Le traitement s’effectuera sur plusieurs séances. C’est votre ostéopathe qui déterminera avec vous le nombre de consultations nécessaires en fonction de l’étendue de l’endométriose et de son ancienneté.
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